mercredi 7 octobre 2026

Misère du rationalisme. Du désir illimité de cause au Dieu vengeur

L'idée au sens cartésien, la représentation, serait une copie des choses, qui nous les ferait connaître. Or, dit M. Brunschvicg [Introduction à la vie de l’esprit, p. 48, Paris, 1920.], sans se douter qu'il traduit à peu près une phrase de saint Bonaventure : « Pour être autorisé à parler de copie et de modèle, il faut avoir vu l'original d'une part et le portrait de l'autre. »

L'argument n'est pas nouveau ; il est sans réplique. Les essais divers tentés pour lui échapper le prouvent. Si le premier contact se fait par une représentation, distincte de l'acte de connaître, rien ne permet de passer de la connaissance à ce qui est connu, d'affirmer qu'il y ait autre chose que représentation. Descartes n'avait pas vu qu'il fermait la pensée sur elle-même. Les idéalistes l'ont compris et s'efforcent d'établir que nous connaissons uniquement par représentation. »

« Quand un dormeur est tiré d'un profond sommeil par un bruit, et avant que ce  bruit ne soit localisé ni reconnu pour appartenir à telle ou telle espèce, avant que la conscience du dormeur s'oppose au bruit, c'est-à-dire que le moi se distingue du monde, quand tout le donné se réduit encore au bruit perçu, cette perception n'en est pas moins déjà affirmation de l'existence et de la qualité du bruit, assertion et définition intrinsèque d'une réalité, c'est-à-dire un unique concept sensible. » [A. Spaier, Quelques aspects de l’idéalisme, dans Revue des Cours et Conférences, 32e année (1930-31), p. 25.]

Au moment où tout le donné se réduit au bruit perçu, il y a bien une certaine affirmation de l'existence et de la qualité du bruit. Mais, à moins qu'on se l'accorde a priori, nulle définition intrinsèque, aucun concept sensible. Une présence est simplement donnée ; une existence affirmée en même temps que celle du dormeur. C'est l'évidence immédiate avant toute réflexion.

Depuis Descartes, on cherche à démontrer cette évidence. Lee uns, comme Descartes lui-même, Maine de Biran ou Cousin, par la conscience que nous aurions de l'influence des choses. Les autres, qui dépendent de Kant, par l'analyse des conditions internes du connaître.

Sans plus de succès. Mettre en question ce qui est immédiatement évident, condamne à ne pouvoir rétablir l'évidence. Au cours de la démonstration, il faudra bien venir à quelque fait ou raison dont toute la force soit en son évidence immédiate. Pourquoi ne serait-il pas mis en question ? Les idéalistes sont plus logiques. Refusant cette première évidence, car l'attitude idéaliste est essentiellement d'abord un refus, ils concluent et n'hésitent pas à demander avec M. H. Delacroix : « Sans la connaissance que nous en avons, sans la conscience, y aurait-il des choses ? »

D'ailleurs, que l’on s'inspire de Descartes ou de Kant, le problème est insoluble. L'analyse des conditions internes de la connaissance peut suggérer des distinctions, elle n'explique pas la présence en nous dans une opposition primitive immédiate et simultanée, des idées d'intérieur et d'extérieur. Quant à la conscience de subir une influence, elle n'est pas immédiate mais réfléchie, parfois illusoire, en tout cas suppose l'idée d'une présence. Nous n'avons pas conscience immédiate de subir une influence lorsque nous sommes pour la première fois en contact avec un objet, mais de connaître une présence. Tout est là. Dès le principe, une opposition manifestée, une distinction imposée entre cette présence et le sujet à qui elle est présente. Opposition et distinction d'abord implicites, commandent le développement de la réflexion et la formation des concepts de sujet et d'objet. Elles sont ce que le philosophe doit d'abord chercher à expliquer.

Cependant nous nous trompons, remarquent les idéalistes, et nous croyons souvent connaître une présence où il n'y a rien. Quel dormeur n'a été réveillé par un bruit imaginaire ? Mais distinction et opposition ne sont pas expliqués pour autant. L'erreur elle-même les implique. Le dormeur qu'éveille un bruit imaginaire dira qu'il s'est trompé sur la réalité du bruit, non pas sur la distinction de bruit imaginaire et de bruit réel, moins encore sur l'opposition de soi au bruit réel ou à sa cause. Les progrès des sciences étendent la liste de nos erreurs ; ils ne réduisent pas l'opposition des données primitives de l'expérience.

La réduction idéaliste de l'étendue à la pensée le montre à son tour. Descartes distingua étendue et pensée comme seuls éléments du réel. C'était « le revers du cogito destiné à fonder une explication de la nature totalement indépendante de toute considération psychologique ». Mais on ne peut affirmer, sans se l'accorder en dehors de toute expérience, que « la substance propre (de cette distinction) consiste dans l'assertion d'un contenu de pensée déterminé ». Reste en effet à expliquer ce contenu et la possibilité, d'opposer étendue et pensée, comme tout à l'heure présence et sujet à qui elle est présente. Ce n'est pas le fruit d'un raisonnement. Conclure une chose d'une autre exige que celle-là soit déjà connue de quelque façon. Je ne raisonne sinon de mes idées. Pour situer au dehors la cause d'une représentation, il faut savoir qu'il y a un au-dehors. Je ne puis donc prétendre former l'extérieur avec de l'intérieur, l'étendue avec de la pensée, si je ne suppose déjà quelque idée d'extérieur et d'étendue.

Ainsi l'expérience et la raison se dressent contre la première exigence idéaliste. Dès l'origine, une présence se manifeste, dans une opposition implicite mais immédiate et simultanée, par là, irréductible au sujet connaissant.

Êludera-t-on l'infranchissable obstacle en invoquant le principe de contradiction ? D'après une seconde instance idéaliste, un au-delà de la pensée serait impensable, inclurait contradiction parce qu'à la fois il serait et ne serait pas pensé. L'objet ne peut être pensé et non pensé sous le même rapport. Mais nous ne lui reconnaissons point l'existence précisément parce qu'il n'est pas pensé. L'idéalisme l'affirme. C'est méconnaître l'opposition entre intérieur et extérieur. Elle ne résulte pas d'une réflexion sur ce qui est pensé pour le représenter comme n'étant pas pensé. Extérieur est immédiatement corrélatif d'intérieur sans en être la contradictoire. Extérieur n'est pas même le contraire d'intérieur, comme noir de blanc. Extérieur et intérieur sont opposés et complémentaires comme l’onde associée et le corpuscule en toute émission d'énergie. L'un avec l'autre constituent le réel, et l'un est inséparable de l'autre dans l'explication du réel.

L'idéalisme ne fait donc pas appel au principe de contradiction. Un autre obstacle l'arrête, qui serait infranchissable : le dormeur ne pourrait recevoir l'impression du bruit si la cause du bruit était extérieure. « Une coïncidence entre pensée et réalité est un véritable monstre épistémologique. » [Bachelard, Essai sur la connaissance approchée, p. 43,] « Pour l'esprit, entre les états internes qui seuls sont donnés, et les choses externes qui n'ont d'existence que parce qu'elles ne sont pas données, il n'y a aucune comparaison possible, aucun rapport concevable. » [Brunschvicg, Introduction à la vie de l’esprit, p. 48] Les choses externes n'ont d'existence que parce qu'elles ne sont pas données ? Toute la question est là. Les états internes seuls sont donnés ? Les mots d'interne et d'externe perdent bien alors leur opposition mais aussi leur signification. Corpuscule et onde associé n'expliquent l'émission d'énergie que dans la mesure où ils s'opposent pour se compléter. La construction idéaliste n'a plus de sens dès qu'elle supprime l'un des termes.

Les idéalistes ont vu la difficulté, mais ne renoncent pas à réduire l'irrationnel au rationnel, c'est-à-dire ce qui est extra-rationnel ou transrationnel pour la raison humaine, à la raison humaine. De fait, rien ne peut être pensé qui ne trouve dans la pensée un point d'appui, ou encore, d'accrochage. Rien de ce qui lui est donné à l'origine ne lui est donc totalement étranger, et au terme, son vœu, son besoin est que tout se résolve en une pensée, que le réel soit « sans irrationalité foncière » [A. Spaier]. L'idéalisme reprend donc sous des formes variées la comparaison célèbre : « S'il est vrai que l'intelligence privée de la sensibilité serait comme un moulin sans grain, la sensibilité elle-même ne saisirait rien sans les meules de l'intelligence. »

II y aurait beaucoup à dire sur cette comparaison. Elle suppose que « les deux fonctions n'ont pas plus d'activité que de matériaux distincts ». Pourquoi donner alors plus d'importance à l'une qu'à l'autre ? Ce serait matérialisme ? Qu'à cela ne tienne.

L'idéalisme ne s'y résout pas ordinairement, bien qu'il y soit amené de gré ou de force par la logique des idées. Il cherche plutôt l'unification totale du réel et de la pensée dans une raison transcendante, l'Esprit, qui se retrouve en tout, construit tout. Distinguer l’en-soi et l'en-nous, l'étendue et la pensée, redevient légitime, n'introduit pas l'irrationalité foncière. Selon les uns, le moi conscient reçoit les attributs du transcendant : il faut « reprendre en nous, pour nous, sur notre propre esprit la tâche du Créateur » [Bachelard, L’intuition de l’instant]. Le moi se pose et tout dépend de cette « thèse » initiale. Selon les autres, tout n'est au fond que substance rationnelle, transcendante, impersonnelle et même inconsciente. Après avoir essayé de tout réduire à notre raison pour l'affranchir, l'idéalisme est ainsi contraint de passer à la limite. Il cherche en nous-même la source transcendante et inconsciente de ce qui paraît irrationnel, à moins qu'il ne place l'irrationalité où elle a le moins de chance d'exister : dans un transcendant, revêtu d'inconscience et d'impersonnalité.

Au lieu d'être affranchie, la raison ne court-elle pas au désespoir ou au nirvana ? Et dans quelle erreur de concept, dans quelle illusion de la conscience trouver supposition aussi gratuite que celle de la transcendance du moi humain, fût-elle inconsciente et en voie de réalisation ? Supposition aussi peu cohérente que celle d'une transcendance impersonnelle et inconsciente qui expliquerait la conscience et la personnalité ? Ces contradictions internes ruinent la raison jusqu'au fond.

Cependant tout peut être sauvegardé et notre besoin de rationalité totale satisfait. Il suffit de céder au mouvement naturel de l'esprit qui nous élève vers une réalité transcendante, personnelle et consciente. Une raison transcendante n'aura plus à construire inconsciemment les meules conscientes de l'intelligence et à leur fournir le grain de la sensibilité pour qu'elles le transforment en la farine de nos concepts. Une raison contingente n'aura plus à s'affubler d'attributs que l'expérience lui refuse trop cruellement. Une Intelligence transcendante, personnelle et consciente, pense tout le réel, le crée, assure ainsi son entière rationalité et maintient l'ordre de nos certitudes. Ce bel ordre éclate dans la théorie bonaventurienne. »

-R. P. Jean de Dieu, « Les exigences idéalistes et la théorie bonaventurienne de la certitude », Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, T. 132, No. 1/3 (JANV.-MARS. 1942-43), pp. 49-80, pp.53-60.

 

***

Il y a deux sources du spiritualisme, de la pensée magique, religieuse, etc.

D’un côté, un déficit d’appréhension du degré d’organisation du monde (ignorance des lois scientifiques), conduit à l’inquiétude face à un environnement incompréhensible, capricieux, etc. Les croyances magiques (totémisme, animisme, sorcellerie, prière, etc.) apparaissent alors comme une compensation et un moyen mystifié de maîtriser ce chaos apparent.

Mais il existe, de manière plus vicieuse et moins remarquée, un spiritualisme s’originant dans une sur-interprétation rationaliste du monde ! Croire que le monde est plus ordonné qu’il ne l’est véritablement, vouloir que rien n’arrive par hasard (un schème typique de la pensée complotiste, par ailleurs), que tout a une raison d’être ; que l’univers est harmonieusement ordonné, rationnel, « bien fait », etc. est une croyance anthropomorphique et une rationalisation qui conduit naturellement à chercher, comme Platon, les stoïciens ou Cicéron, un « créateur », une intelligence responsable dudit ordre que le sujet plaque sur l’objectivité… (cf les analyses matérialistes de Sussan Griffin, Félix Le Dantec ou de Marcel Conche. Hume, avec sa critique du postulat de permanence des lois naturelles, pourrait être un précurseur de ce dévoilement du rationalisme comme en puissance religieux).

On peut aussi objecter, sur un mode sceptique ou kantien (ou poppérien), que l’affirmation d’un monde qui nous apparaîtrait intégralement rationnel en nous plaçant d’un point de vue qui n’est pas vérifiable n’est pas une affirmation susceptible d’une quelconque vérification. C’est donc une croyance arbitraire, dont on notera, de manière édifiante, qu’elle est commune au déterminisme matérialiste d’Holbach et au rationalisme spiritualiste de Plotin (deux doctrines n’ayant rien à voir par ailleurs) :

« Cette belle ordonnance du Monde est de l'ordre de l'Esprit : elle se réalise sans réflexion rationnelle, mais de telle manière aussi que, si quelqu'un pouvait user avec perfection de la réflexion rationnelle, il serait stupéfait de voir que tout a été disposé de telle manière que cette réflexion n'aurait pu trouver comment faire autrement. » (Plotin, Ennéades, III, 2,14, 1).

Poussé à son terme, le refus d’admettre la moindre part de non-sensé doit entraîner aussi bien un déterminisme (physique) qu’un créationnisme (métaphysique) et un finalisme (car la raison, c’est à la fois le « pourquoi » antécédant, mais aussi le « pourquoi » final, la cause finale). En combinant déterminisme, créationnisme et finalisme, Leibniz apparaît comme le modèle du rationalisme (occidental).

C’est pourquoi Clément Rosset a pu dire du matérialisme déterministe du 18ème siècle que, loin de renverser radicalement la théologie, il en conservait le fond rationaliste (les causes naturelles prennent la place de Dieu, mais pour faire la même chose, à savoir éliminer le hasard, l’inexplicable –ou, comme dirait un autre nietzschéen de l’époque –Deleuze- l’événement).

« L'idée de causes surnaturelles n'est possible qu'à partir de l'idée de "causes naturelles", qui autorise à interpréter tout phénomène comme le "résultat" d'un principe ou d'une série de principes : l'explication naturaliste des phénomènes apparaît dès lors comme le modèle idéologique dont s'inspirent toutes les explications y compris les explications religieuses. » (Clément Rosset, L'Anti-nature. Éléments pour une philosophie tragique, PUF, 2015 (1973 pour la première édition).). 

Si la religion est irrationaliste comparée à la science de la nature (à cause de la croyance aux miracles), il faut au contraire, philosophiquement, la caractériser comme une sur-interprétation rationaliste du monde. Quel piège subtil !

Par « rationalisme », il faut comprendre un devenir-délirant de la rationalité.

Rien n’arrive par hasard, donc cela doit avoir un sens que si quelqu’un ait été tué par la chute d’une tuile précisément un 22 février… Thème stoïcien puis chrétien de la providence.

Ainsi commence l’occultisme.

Ainsi l’Homme s’aliène en se mettant en quête d’un sens qui n’est pas à l’œuvre dans les choses, mais provient de son rapport hallucinatoire aux choses.

Le rationalisme est un désir de causes, un désir porté à l’illimitation. Le rationaliste veut que le réel soit intégralement rationnel. Il faut alors une cause au monde : et voici Dieu. Il faut alors une raison au mal : et voici une providence divine qui justifie tout ! …

 

***

« Il y a quelques nuits, alors que je suivais les dernières nouvelles sur les incendies de Los Angeles, je suis tombé sur une image satellite de cette tragédie. J’ai pu constater l’immensité du brasier : pas de gros plans, pas seulement ici et là une maison ou une voiture en feu, mais l’ampleur même de cette catastrophe. On aurait dit qu’un monstre venait de mordre un morceau de l’Amérique. Cela m’a fait monter les larmes aux yeux.

J’ai pris conscience qu’une grande partie de la culture américaine était en train d’être détruite. Une grande partie de ce qui brûlait était emblématique de notre civilisation : l’industrie cinématographique, Sunset Boulevard, les propriétés de Zane Grey et de Will Rogers, sans parler des milliers de maisons anonymes et de décors que nous avons tous intégrés à travers les films et les séries télévisées – le glamour des années 1920, les maisons en stuc aux tuiles espagnoles, les palmiers qui se balancent, les surfeurs sur la plage. Los Angeles est un élément majeur de l’identité américaine. C’est là que les rêves venaient s’épanouir ou mourir. Remarquez l’emploi du passé. Je prie pour que ce ne soit pas fini.

Je soutiens depuis longtemps que Jésus-Christ, en tant que deuxième personne de la Trinité, dirige le cours de l’histoire. J’entends déjà les sceptiques s’écrier : « Quel genre de Dieu laisserait une telle chose se produire ?!?! » Je vais vous le dire : un Dieu juste, un Dieu qui s’occupe de nous individuellement et collectivement. Un Dieu qui exige la justice. Un Dieu qui veut que la Californie survive, qu’elle redevienne un lieu de vie sûr, équitable et prospère.

La Californie, et Los Angeles en particulier, est depuis des décennies l’épicentre d’une grande partie de ce qui ne va pas culturellement dans notre société. À l’heure actuelle, le point de convergence est P. Diddy et les horreurs qui entourent son comportement et celui de ses amis, mais lui et les siens ont été précédés par Weinstein et Cosby — des comportements qui auraient été tout à fait à leur place à Sodome et Gomorrhe ou dans le harem d’un cheikh. Pourquoi un Dieu juste tolérerait-il davantage la débauche américaine que les abominations de l’ancien Moyen-Orient ?

Non seulement bon nombre de grandes figures d’Hollywood se sont rendues coupables de pratiques choquantes dans leur vie privée, mais Hollywood a également encouragé toutes sortes d’immoralité sexuelle, et ce depuis des décennies. Vous souvenez-vous de l’époque où Le Lauréat (1967) faisait scandale ? Passez ensuite à Brokeback Mountain (2005), puis, l’année dernière, à un film intitulé Queer. Les sociétés qui acceptent et applaudissent les déviations sexuelles et l’immoralité en général en subissent les conséquences.

Le panorama des incendies de Los Angeles m’a rappelé le célèbre sermon de Jonathan Edwards, « Les pécheurs entre les mains d’un Dieu courroucé » (1741). Ce que j’ai vu sur cette photo, c’était bel et bien un Dieu courroucé. De nos jours, les églises ne prêchent plus souvent sur la justice de Dieu — Son amour, oui ; Sa grâce, bien sûr ; Sa bienveillance, naturellement. Mais Sa justice sans compromis ? Rarement. Et pourtant, elle est bien là — si intransigeante que Son Fils unique est venu payer la dette du péché que nous avons tous contractée.

Je perçois donc encore l’horreur des sceptiques. Oui. Des milliers de personnes honnêtes ont été emportées par cette catastrophe — en quoi est-ce juste ? Nous devons nous rappeler que Dieu s’adresse également à chacun d’entre nous individuellement, et qu’en tant qu’individus, nous sommes affectés différemment par les circonstances. Beaucoup trouveront une bénédiction inattendue et stupéfiante au milieu de toute cette souffrance. Je pense à Daniel et à ses trois amis qui ont été emportés par la déportation des Juifs vers Babylone en 597 av. J.-C. Une expérience extrêmement effroyable, mais pour le reste de leur vie (à l’exception de deux épisodes de courte durée : la fournaise ardente et la fosse aux lions), ils ont été incroyablement bénis, occupant des postes de pouvoir au sein du gouvernement babylonien sous deux rois différents. Beaucoup verront dans ce feu le catalyseur d’un changement positif dans leur vie — un changement dont ils ne se rendront peut-être pas compte tout de suite, mais dont ils saisiront finalement toute l’ampleur. D’autres rencontreront des personnes qui s’avéreront être de véritables bénédictions angéliques. Beaucoup reviendront vers le Dieu qui retient désormais toute leur attention. »

[Glose 1 : ce qui peut être tentateur avec le rationalisme, c’est son optimisme absolu. Le monde est tel qu’il doit être. Le mal n’est qu’apparent. Le rationalisme n’est pas seulement un emballement de la mentalité scientifique, qui investigue les causes ; c’est un formidable déni de réalité (la réalité du mal). Il y a dans cette folie une certaine forme de défense psychologique contre les démentis de l’existence…

Un certain aspect remarquable du délire est que la volonté divine est invoquée pour certains malheurs spectaculaires et collectifs, mais pas pour des vexations quotidiennes de l’existence. Pourtant, si TOUT A UNE RAISON, alors Dieu a aussi bien brûlé Los Angeles dans un certain dessein qu’il ne m’a fait perdre mes clés hier… Pourtant, arbitrairement, seuls certains événements amènent à invoquer un message divin…]

« Mais tout cela n’atténue en rien la souffrance, le deuil et le traumatisme causés par ces événements, ce qui nous amène à aborder un autre aspect de la vision biblique du monde. Nous pouvons reconnaître le caractère punitif de cette tragédie tout en continuant à manifester notre amour envers nos concitoyens américains qui traversent la période la plus difficile – et probablement la plus longue – de leur vie. Les récits de bravoure et de bienveillance commencent tout juste à affluer : des personnes qui ont sauvé leur propre maison en combattant seules les flammes ; des gens qui distribuent de la nourriture et de l’eau ; Musk qui envoie des bornes Wi-Fi et des stations de recharge de batteries afin que les communications puissent être rétablies.

Bien sûr, rares sont ceux d’entre nous qui disposent des ressources ou de la proximité nécessaires pour apporter une aide immédiate, mais au fil du temps, je sais que nous verrons des Américains se mobiliser pour apporter leur aide – comme nous l’avons vu avec les constructeurs de maisons amish en Caroline du Nord. (Nous devons encore prier pour ces personnes touchées par les ouragans.)

Ma propre petite vallée a subi une catastrophe similaire il y a plusieurs années, lorsque des feux de forêt, attisés par des vents inhabituels, ont ravagé plusieurs petites villes, détruisant 2 500 habitations. Et il ne s’agissait pas de demeures valant des millions de dollars, mais plutôt de petites maisons en lotissement, de maisons préfabriquées et de logements locatifs. Les personnes qui vivaient dans ces logements n’avaient pas toujours les moyens de se trouver un abri, mais la communauté – une communauté majoritairement chrétienne – s’est mobilisée et a ouvert ses maisons et ses chambres d’hôtes aux personnes déplacées. Notre hôpital local a aménagé un espace à proximité, qu’il a rempli de camping-cars pour accueillir les employés de l’hôpital qui s’étaient retrouvés sans domicile. Les choses se reconstruisent petit à petit. Les troncs d’arbres calcinés se dressent toujours comme des sentinelles le long du ruisseau que l’incendie a suivi, pour que nous n’oublions pas. Ce que je veux dire, c’est que nous avons tous appris à quel point la vie est fragile, à quel point nous devons prendre soin de nos semblables, et à quel point nos biens matériels n’ont en réalité que peu d’importance.

Le moment est venu pour les chrétiens de tendre la main à ceux qui ont particulièrement besoin d’amour et de bienveillance. Oui, cela s’est peut-être produit parce que Dieu en a tout simplement assez. Cela s’est peut-être produit à cause d’un manque de compétence de la part des dirigeants. Cela s’est peut-être produit parce que c’est souvent le cas en Californie. Probablement pour toutes ces raisons à la fois. Mais quelle que soit la cause, les conséquences exigent nos prières (qui constituent l’action la plus puissante que les chrétiens puissent accomplir), nos dons et notre engagement physique lorsque cela est possible. J’ai été ravi de voir que l’Oregon a envoyé 300 pompiers et plusieurs dizaines de camions de pompiers pour apporter son aide.

Ce que je veux dire, c’est que rien n’arrive sans raison —y compris cette catastrophe cyclonique— et ne restons pas sourds aux messages qui nous sont envoyés. Prenons conscience que, si Los Angeles est punie pour son immoralité, nous sommes également responsables. Nous avons acheté des billets pour ces films, nous avons admiré ces célébrités avec émerveillement. Nous avons accepté leurs opinions. Cela va nous affecter tous, alors retroussons nos manches, agenouillons-nous pour implorer le pardon et nous confesser, et faisons ce que nous pouvons pour nos frères et sœurs américains. »

-Deana Chadwell, "In the Hands of an Angry God", American Thinker, 19 janvier 2025.

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