mardi 8 octobre 2024

Faire l’avenir. August Cieszkowski, lecteur de Hegel

« La préface des Principes de la philosophie du droit emploie une métaphore éloquente pour dire l’incapacité de l’individu, fût-il philosophe, à dépasser son époque présente : autant prétendre sauter au-dessus du rocher de Rhodes. L’impossibilité de connaître l’avenir sonne le glas de toute tentative d’histoire prédictive. Hegel ne s’est guère expliqué sur les raisons de cette impossibilité. Il mentionne pour l’essentiel l’historicité, l’inscription de l’individu dans son époque présente. Dans son Histoire de la philosophie, il donne un argument épicurien : « Que le futur soit ou qu’il ne soit pas, cela ne nous concerne pas ; il ne doit pas être pour nous un motif d’inquiétude. C’est là la juste pensée concernant l’avenir. » Cieszkowski compare la thèse hégélienne sur l’avenir à l’impossibilité kantienne de connaître l’absolu. L’avenir serait chez Hegel le dernier bastion imprenable de l’absolu dans sa transcendance, un avatar de la chose en soi, avec cette différence que dans le cas de Kant, l’interdit se déduit nécessairement du système critique, alors chez Hegel, « il s’agit d’un élément introduit de l’extérieur et qui dérange l’ordonnance tout entière » (PzH, 9/16). Le point de départ des Prolégomènes à l’historiosophie de 1838 est la transgression de cet interdit. […] 

Il faut en tirer toutes les conséquences, en élevant la philosophie hégélienne de l’histoire, qui s’arrête au seuil de l’avenir, à une historiosophie, capable non seulement de comprendre les époques passées, mais aussi de connaître « l’essence de l’avenir » (PzH, 10/16), et d’englober ainsi d’un seul regard la totalité organique de l’histoire.

Kant disait que le meilleur moyen de connaître l’avenir est de le faire. Cieszkowski prend au pied de la lettre cette déclaration, en définissant la troisième grande époque de l’histoire de l’humanité, l’avenir, par la catégorie de l’action. »

« Dans son discours du 10 mai 1793, Robespierre déclare : « Le temps est venu d’appeler chacun à sa vraie mission. Le progrès de la raison humaine a préparé cette grande révolution et vous, vous êtes ceux à qui est confiée la tâche particulière d’en accélérer le cours ». L’avenir ainsi conçu se caractérise par trois déterminations que nous retrouverons chez Cieszkowski : sa charge de nouveauté, son degré d’inconnu, et sa dimension pratique, qui en fait non une simple attente, mais une tâche, une mission à accomplir. »

« Cieszkowski, qui est catholique, se situe lui-même à la droite de l’École hégélienne. Il s’agit pour lui d’engager la philosophie hégélienne « sur le chemin du progrès conservateur, non pas cependant du renversement radical », de réaliser « le prolongement évolutionnaire et non révolutionnaire » (evolutionäre, nicht revolutionäre Fortbildung) de celle-ci. »

« La philosophie de l’histoire commet selon lui deux erreurs : la structure quadripartite et le silence sur l’avenir. Hegel distingue quatre grandes périodes dans l’histoire du monde : le monde oriental, le monde grec, le monde romain et le monde chrétien-germanique. Si elle veut être fidèle à l’esprit de la dialectique, la philosophie spéculative doit décomposer l’histoire non pas en quatre mais en trois périodes. Ou bien les lois de la dialectique sont universelles et nécessaires, partout les mêmes, et elles s’appliquent aussi à l’histoire, ou bien elles ne sont pas des lois du tout. La totalité de l’histoire doit donc être une trichotomie spéculative. Selon Cieszkowski, Hegel a élaboré une tétrachotomie, pour deux raisons. D’une part, plutôt que d’appliquer à l’histoire un schématisme ternaire abstrait, il a été contraint de distinguer les mondes grec et romain du fait de leurs trop grandes disparités dans tous les domaines (politique, art, religion et philosophie). On peut rappeler en effet que les deux mondes historiques ont le même principe – quelques hommes sont libres (les citoyens) – mais chez les Romains, la citoyenneté est étendue (par l’édit de Caracalla de 212) bien au-delà des murs de Rome, à tous les hommes libres de l’Empire, alors que les Grecs considéraient les autres peuples comme des Barbares. Il y a là une différence qui n’est pas que quantitative. C’est le respect de cette réalité empirique qui aurait conduit Hegel à renoncer à la trichotomie. Mais pour Cieszkowski, cette différence entre Grecs et Romains n’autorise nullement une entorse au principe intangible de la dialectique. D’autre part, Hegel aurait voulu se prémunir contre l’objection qui verrait dans une tricho-tomie l’affirmation de la fin de l’histoire, qui ne laisse aucune place à une évolution ultérieure. Mais Cieszkowski rétorque que l’objection réapparaît : « avec cette quatrième période où nous sommes, c’en est donc fini de l’histoire, l’humanité a donc atteint son stade ultime ; et comme nous l’avons déjà dit, il n’est pas possible d’écarter une telle objection ». »

« Mais connaître l’avenir n’est-ce pas la meilleure manière d’en affirmer la clôture ? Si je sais l’avenir, je le sais dans sa totalité, de sorte que même si l’histoire actuelle n’est pas terminée, son déroulement ultérieur est prédéterminé et en un sens déjà joué à l’avance. Ce qui est déjà connu est d’une manière ou d’une autre prédéterminé, et ce qui est prédéterminé est déjà terminé. Ainsi, inclure l’avenir dans la philosophie organique de l’histoire, c’est prendre le risque de le réduire à « une réalité virtuellement toujours déjà passée », à un futur antérieur, un futur passé.

Cieszkowski répond à l’objection de deux manières.

1) Tout d’abord, il prend soin de distinguer la connaissance de l’avenir des « prédictions particulières » […] L’historioso-phie entend connaître l’essence de l’avenir, c’est-à-dire ses lois générales et nécessaires qui se manifesteront – puisque l’essence doit apparaître – dans des faits contingents innombrables. La connaissance de l’avenir n’est pas un saut fantastique au-dessus du rocher de Rhodes, elle est plus modestement une prévision du progrès futur dans ses grandes lignes, qui laisse les actions particulières libres et imprévisibles. Comme le dit Lorenz von Stein, « il est possible de prédire ce qui va arriver sous réserve de ne pas vouloir prophétiser chaque chose en détail ». Mais la connaissance de l’avenir se distingue également de celle des prophètes [...] qui détermine l’avenir selon le sentiment, c’est-à-dire un mode de détermination « immédiat, naturel, aveugle et contingent », qui vise lui aussi le particulier. Cieszkowski accorde donc pleinement à Hegel que la philosophie ne fait pas de prophétie. […] L’historiographie s’appuie bien plutôt sur le deuxième mode de détermination de l’avenir, la pensée qui distingue les lois, l’essentiel dans la clarté du concept. La détermination, dès lors qu’elle reste dans le domaine de l’universel, n’est pas une prédétermination. Mais comment une telle connaissance de l’avenir est-elle possible ?

2) La tentative de Cieszkowski d’inclure l’avenir dans la philosophie de l’histoire n’est pas nouvelle. Condorcet consacre le dernier chapitre de son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (1795), la « dixième époque », à des conjectures relativement précises sur les « progrès futurs de l’esprit humain ». On a vu que Kant s’est essayé prudemment à l’histoire prédictive dans son essai de 1798. À la fin de son Système de l’idéalisme transcendantal de 1800, Schelling a proposé une division de l’histoire universelle en trois périodes, dont la dernière, située dans un avenir indéterminé, révélera le règne de la Providence (SW III, 604). Dans ses leçons sur Le caractère de l’époque actuelle, parues en 1806, Fichte propose un plan a priori de l’histoire en cinq époques. Les deux premières appartiennent au passé, la troisième – celle du « péché consommé » – au présent, et les deux dernières à l’avenir, qui verra le triomphe de la liberté et de la rationalité pure. Finalement, le refus hégélien de tout discours sur l’avenir fait figure d’exception dans les philosophies de l’histoire. La question est de savoir ce qui autorise la connaissance de l’avenir. Il existe une réponse toute trouvée à cette question. Pour prévoir l’avenir, il faut lire dans le passé. Condorcet expose cette idée au début de la « dixième époque » de son Esquisse... :

Si l’homme peut prédire, avec une assurance presqu’entière, les phénomènes dont il connaît les lois ; si lors même qu’elles lui sont inconnues, il peut, d’après l’expérience du passé, prévoir avec une grande probabilité les événements de l’avenir, pourquoi regarderait-on comme une entreprise chimérique celle de retracer avec quelques vraisemblances le tableau des destinées futures de l’espèce humaine, d’après les résultats de son histoire.

Soit l’homme connaît les lois des événements, et il peut les prédire avec une certitude « presqu’entière ». Ainsi en va-t-il de l’éclipse, exemple fétiche en la matière. Soit il ne les connaît pas, et il peut suppléer à cette ignorance par l’extrapolation du futur à partir du passé. Mais le défaut de cette méthode est qu’elle ne repose apparemment sur aucun fondement nécessaire, ainsi que l’avait pointé Hume. Qu’est-ce qui autorise en effet à penser que l’avenir répétera le passé ? De plus, une telle vision de l’avenir semble exclure toute possibilité de nouveauté, de progrès. Cieszkowski contourne ces difficultés en substituant à un paradigme mécaniste de l’histoire – comme suite causale d’événements – un paradigme organiciste. Ainsi, l’histoire est analogue à un organisme qui contient tous ses éléments comme dans un Tout. À la différence de l’organisme animal déployé dans l’espace, l’histoire organique se déploie dans le temps, de sorte que les parties futures peuvent se déduire de celles passées. Le philosophe doit s’inspirer de la méthode de Cuvier, qui prétendait reconstruire l’organisme d’un animal disparu à partir d’une seule dent :

Pourquoi ne reconstruirions-nous pas, à partir de la fraction déjà écoulée du processus historique tout entier, sa totalité idéale en général et notamment la fraction à venir encore manquante, qui doit nécessairement correspondre au passé et, associé à lui dans son intégralité, constituera l’idée vraie d’humanité ? Les actions passées (vergangenen Thaten), voilà nos fossiles, voilà nos vestiges antédiluviens, à partir desquels nous devons élaborer l’élément universel de la vie de l’humanité. (PzH, 13/18-19)

La conception organiciste de l’histoire peut rendre compte de la prédiction du futur à partir du passé, sans nier pour autant la part de nouveauté inhérente au développement de tout organisme. Les événements futurs ne sont que les fruits mûrs tombés de « l’arbre de l’histoire » (PzH, 23/27). Mais cette vision des choses prête le flanc à une autre objection, tirée du système hégélien lui-même. Elle semble assimiler en effet le domaine de l’histoire à celui de la nature, dominée par « une nécessité aveugle et inconsciente » (PzH, 13/19, note). Car un organisme est avant tout un être naturel, un être vivant. Dans sa philosophie de l’histoire, Hegel établit une distinction bien tranchée entre le développement organique, qui repose sur une actualisation immédiate et sans surprise de la puissance, et le développement à l’œuvre dans l’histoire, qui est médiatisé par le travail sur soi de l’esprit, la volonté, et l’activité des individus – en un mot la liberté. Le premier développement réalise ce qui est déjà contenu en germe sur le mode de la nécessité, le second est créateur, dans la mesure où l’actualisation de l’en soi n’est pas le simple dévoilement de ce qui est déjà présent en lui, mais est aussi une transformation de celui-ci, la naissance d’une détermination entièrement nouvelle. Cieszkowski n’ignore pas que la philosophie hégélienne de l’histoire relève de la sphère de l’esprit dans sa liberté créatrice, et non de celle de la nature. Il répond toutefois en soulignant que la liberté n’exclut pas la notion de nécessité, elle est même « la synthèse spéculative de la nécessité et de la contingence, de la loi et de sa manifestation » (PzH, 13/19, note). Comme Herder ou Condorcet, il refuse de considérer que la nature seule aurait des lois, alors que l’histoire serait livrée au chaos.

Cette dernière a également ses lois, même si elles sont moins manifestes et plus difficiles à connaître. Alors que Herder considérait que les lois de l’histoire n’étaient connues que de Dieu seul, Cieszkowski pense qu’elles peuvent se déduire du mouvement dialectique de l’Idée logique. L’histoire présente ainsi deux facettes selon lui, d’un côté des lois aussi nécessaires que celles de la nature, qui découlent de l’essence universelle de l’Idée, de l’autre des événements contingents, qui ne sont que les manifestations particulières de ces lois. De cette manière, la possibilité de prévoir l’avenir semble pleinement justifiée :

de même que l’astronome qui prédit une éclipse à venir ne dépasse aucunement les limites de sa science et ne pénètre en aucune façon pour cela sur le terrain des prophéties (Weissagungen), de même, en étudiant l’essence de l’avenir historique, nous ne ferons que suivre les droits éternels et cohérents de l’Idée (PzH, 14/19, note).

Le développement organique n’exclut donc pas l’existence de lois nécessaires, bien au contraire. Cette thèse nous reconduit toutefois directement à l’aporie précédente. Affirmer que l’avenir est prévisible, quand bien même cette prévision se cantonnerait à des lois universelles, n’est-ce pas faire de celui-ci un « futur antérieur » toujours déjà accompli ? Si les lois éternelles qui régissent les événements humains passés, présents et futurs sont connues au même titre que celles des éclipses, l’histoire n’est-elle pas réduite à un cycle monotone, à une branche de la nature, dans laquelle Hegel disait qu’« il n’y a rien de nouveau sous le soleil » ? »

« Cieszkowski situe son temps au seuil de la troisième époque, celle de l’avenir, placée sous la bannière du bien et de l’action destinée à l’accomplir. Il s’agit selon lui de « réaliser les idées du beau et de la vérité dans la vie pratique », de « rendre effectives dans notre monde les idées du bien absolu et de la téléologie absolue – telle doit être la grande tâche de l’avenir ». »

« Le fait est un événement passif (passive Begebenheit), immédiat, qui existe indépendamment de notre volonté et de notre action. La conscience ne peut que l’enregistrer et le réfléchir en elle-même après coup, elle intervient toujours post factum. En ce sens, le fait est une praxis inconsciente, il s’apparente aux événements naturels qui échappent à la maîtrise de l’homme. L’action est en revanche un événement actif (active Begebenheit), qui est le résultat d’une praxis consciente, parce qu’il n’est pas étranger à la pensée, mais est conscient avant d’être réalisé.

Cieszkowski reprend à Hegel la théorie des individus historico-mondiaux, ces « héros » qui jouent le rôle des artisans de l’histoire, en insistant cependant sur la lucidité, la conscience avec laquelle ils accomplissent leur tâche. Le grand homme représente l’idée historique universelle telle qu’elle s’incarne dans l’esprit de son propre peuple, en lui l’histoire de l’individu coïncide avec celle de l’humanité. Nulle « ruse de la raison » ne vient instiller le doute quant à la liberté réelle des acteurs de l’histoire. L’action historique est pour Cieszkowski une action pensée, voulue, elle relève d’une « téléologie subjective et consciente ». »

« C’est parce que l’être n’est pas trouvé comme un fait mais produit comme un acte qu’il peut pleinement s’accorder à la pensée sans que celle-ci s’aliène en lui. L’identité de l’en soi et du pour soi est l’être « hors de soi » (Aus-sich), qui signifie « produire hors de soi sans pour autant s’aliéner (sich entfremden), donc nullement sortir de soi ni même rester en dehors de soi (ausser sich) » (PzH, 116/105). Agir, c’est convertir, traduire la pensée en être, produire un acte hors de soi qui constitue l’identité même du soi. Dans l’esprit de Ciesz-kowski, l’action est la forme la plus accomplie de l’identité, affirmée par Hegel, du rationnel et de l’effectif, qu’il faut dès lors comprendre de manière dynamique. C’est par la praxis consciente des hommes que « l’effectivité se rend toujours plus conforme à la rationalité ». »

« Dans la création artistique, la liberté est dominée par la contingence, qui provient des idiosyncrasies de l’artiste ainsi que des matériaux sensibles. Cieszkowski oppose à cette « liberté contingente » la « liberté nécessaire », propre à la philosophie, qui est affranchie de ces contingences par la pensée, au prix toutefois d’une soumission à la dialectique spéculative de l’objet. La liberté hégélienne est en ce sens marquée par une « prépondérance de la nécessité », conséquence de l’idéalisme absolu (PzH, 94/88). La « liberté libre » est la réunion parfaite, équilibrée, de la contingence et de la nécessité, c’est l’action comprise comme synthèse accomplie de la pensée et de l’être. L’action est nécessaire en tant qu’elle découle de la pensée, de la théorie, et néanmoins contingente, dans la mesure où elle s’expose au hors-de-soi de l’être et du sensible. »

« Hegel incarnerait « le commencement de la fin de la philosophie » (PzH, 101/93), selon une expression que Cieszkowski attribue à Weisse, auteur d’une lettre fameuse dans laquelle il reproche à son maître une contradiction entre la clôture du système et la reconnaissance d’un progrès ultérieur de l’esprit. Cieszkowski, qui partage le même souci de penser l’avenir « après Hegel », entérine le constat de Weisse sur la « fin de la philosophie », mais n’y voit pas nécessairement une contradiction. Il procède en appliquant à la philosophie les analyses que Hegel avait réservées à l’art. »

« Pour Cieszkowski, ce serait donc un contresens complet de voir dans la fin de l’histoire, telle qu’elle peut être conçue à partir de la philosophie hégélienne, la fin de toute activité, « la cessation de l’Action au sens fort du terme », comme l’affirmera A. Kojève. La troisième époque de l’histoire universelle, celle de l’avenir, est caractérisée au contraire par une tendance universelle à l’action. Par là même, le statut de la philosophie est modifié en profondeur. Elle perd sa prépondérance et descend de son piédestal, pour se mettre au service de l’action. Cieszkowski se sépare ici de Hegel et annonce la critique que le jeune Marx adressera à la philosophie idéaliste : « vous ne pouvez supprimer la philosophie sans la réaliser », ni « réaliser la philosophie sans la supprimer ». Supprimer (aufheben) la philosophie signifie la mettre « au service de l’histoire ». Pour Cieszkowski, « la philosophie, à l’avenir, doit consentir à être essentiellement appliquée, et, de même que la poésie de l’art est passée dans la prose et la pensée, la philosophie doit descendre des hauteurs de la théorie jusque dans le champ de la praxis » (PzH, 129/116). La fin de l’histoire n’est donc ni la fin de l’action, ni la fin de la philosophie, elle désigne une nouvelle ère de l’esprit marquée, dans le domaine de la pensée, par la « philosophie pratique » et, dans l’effectivité, par l’action. »

« L’historiosophie parvient-elle à franchir de rocher de Rhodes, à sauter par-dessus son présent ? En réalité, le rôle de la philosophie appliquée est d’agir sur le présent et le futur proche, mais non pas de prédire l’avenir, même dans ses grandes lignes et encore moins dans sa totalité. Cieszkowski ne peut qu’esquisser l’essence de l’avenir dans la catégorie générale de l’action, qui interdit précisément toute prévision plus déterminée. »

-Christophe Bouton, « L’histoire de l’avenir. Cieszkowski lecteur de Hegel », Revue germanique internationale [En ligne], 8 | 2008, mis en ligne le 30 octobre 2011, consulté le 28 septembre 2024.

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