« L'Express :
En juillet, OpenAI a annoncé que son modèle expérimental Astra avait réalisé de
manière autonome dix avancées en mathématiques et informatique théorique.
S'agit-il de progrès solides et significatifs ?
François Charles
: J'en ai regardé certaines en détail. Des experts en ont examiné d'autres. Et
OpenAI a fourni des formalisations automatiques -en utilisant le système Lean.
Tout indique un travail sérieux et de vraies avancées. Plusieurs d'entre elles
sont ce qu'on appelle des contre-exemples à des conjectures (NDLR : des
intuitions mathématiques qui n'ont pas encore été démontrées). Il y a ainsi un
contre-exemple à la conjecture de rigidité de Connes, posée dans les années
1980 par Alain Connes, un mathématicien français médaillé Fields. Les
spécialistes de ce domaine supputaient depuis un certain temps qu'il existait
un contre-exemple mais ils ne l'avaient pas identifié. L'IA y est parvenue. Ces
dix avancées ne sont que la partie visible de l'iceberg. Les mathématiciens se
mettent à utiliser massivement l'IA. En dialoguant avec ces modèles, beaucoup
de mes collègues franchissent des barrières théoriques sur lesquelles ils
butaient. Le progrès est très rapide. Cet été encore, un mathématicien employé chez
Anthropic a annoncé sur les réseaux sociaux que Claude avait planché sur une
célèbre conjecture de géométrie algébrique, la conjecture jacobienne, pendant
la durée de la finale de la Coupe du Monde et trouvé un remarquable
contre-exemple. Il semble si évident quand on le lit que c'en est presque
vexant pour nous. Mais tout semble toujours simple une fois qu'on a la
solution.
[L’Express] Comment
l'intelligence artificielle va-t-elle modifier les mathématiques ?
[F.C.] Terence Tao,
médaillé Fields en 2006, prédit que les progrès de l'IA pourraient ouvrir une
ère de "mathématiques de haut niveau". Je suis optimiste. Je ne crois
pas que le travail intellectuel sera remplacé par l'IA. Celle-ci est
extrêmement puissante, mais elle ne se substitue pas à ce que nous faisons.
Elle peut néanmoins nous aider à débloquer un grand nombre de questions sur
lesquelles nous patinons. C'est le moment d'être ambitieux en mathématiques.
L'histoire du XXe siècle est celle de la professionnalisation du milieu
universitaire et d'une spécialisation scientifique extrême. J'espère le
mouvement inverse. Des liens entre des domaines complètement insoupçonnés vont
apparaître. Nous vivons une révolution scientifique. Certaines façons de faire
deviendront obsolètes. Mais une révolution scientifique crée du travail et des
questions.
[L’Express] A quels
niveaux exactement l'IA accélère-t-elle les mathématiques ? Excelle-t-elle
avant tout à démolir des conjectures ?
[F.C.] C'est l'idée qui
circule depuis quelques semaines. Beaucoup de questions ouvertes ont des
contre-exemples, et l'IA est en effet très efficace pour les débusquer. Parfois
de manière totalement autonome, comme dans le cas des annonces d'OpenAI.
L'équipe maison de scientifiques a opéré la sélection des problèmes et la
vérification. Mais entre les deux, la machine a œuvré seule. Parfois les
avancées se font en collaboration. Cette semaine, un chercheur américain qui
travaille depuis des années sur le problème période-indice a posté en
prépublication un contre-exemple qu'il a trouvé en discutant avec ChatGPT. Dans
ce cas précis, l'IA lui a donné des contre-exemples erronés mais qui l'ont
néanmoins guidé vers la bonne piste. Ces modèles sont de formidables
partenaires de réflexion. Le simple fait de formuler à voix haute ce qu'on
pense et d'en parler à un outil qui comprend et répond de manière sensée est
précieux. L'IA aide aussi les mathématiciens qui ont une intuition à réaliser
bien plus vite les étapes de vérification et de formalisation intermédiaires
qui prennent des mois voire des années. A plus long terme, je suis convaincu
que l'IA viendra à bout de problèmes mathématiques irrésolus en établissant des
passerelles entre différentes disciplines.
[L’Express] En 2023, les
IA étaient incapables de faire des mathématiques élémentaires et se trompaient
sur de simples additions. Qu'est ce qui les a fait progresser si
spectaculairement ?
[F.C.] Les premières
versions de ChatGPT n'avaient pas de capacité de raisonnement. Aujourd'hui, les
LLM sont devenus hybrides : le système sait reconnaître quand un calcul
s'impose et appeler un programme tiers (calculatrice, etc.) pour le faire
proprement. Il identifie mieux les cas où une recherche Internet est requise
pour éviter l'erreur. Bref, il réfléchit à la question, aux outils nécessaires
pour y répondre au mieux, les utilise et se vérifie. Grâce à cela, l'IA a fait
des progrès phénoménaux en maths.
[L’Express] L'IA inquiète
aussi dans la communauté mathématique. Pour quelles raisons ?
[F.C.] Il y a des
craintes légitimes autour de l'enseignement. Le cerveau humain est fait de
telle sorte que nous avons besoin de nous approprier les choses pour les
apprendre. Utilisée intensivement pendant la période d'études, l'IA peut faire
des dégâts. Le fait que le monde ne soit pas structuré pour les changements que
l'IA va apporter inquiète également. Jusqu'ici, il y avait une barrière, un
coût à la production de textes de qualité formelle. Ce ne sera plus le cas
demain. Dès lors, où se déplacera la valeur dans la science ? La question va se
poser. La peur d'être remplacé, de devenir obsolète se diffuse dans la
communauté mathématique.
Personnellement, je n'y
crois pas. Le travail de compréhension est intrinsèquement humain. Même si une
machine résolvait tous les problèmes, il faudrait les comprendre. Sinon cela
n'a pas de sens. Pour certains, faire de la science va
beaucoup plus loin que produire de la science. C'est un état d'esprit, une
façon d'être, quelque chose de très humain.
[L’Express] Les
mathématiques ne vivent pas leur première crise existentielle. Les travaux de
Gödel et Russell n'avaient ils pas déjà bouleversé votre discipline ?
[F.C.] En effet, à la fin
du XIXe siècle, la discipline a vécu un tournant. Les mathématiques étaient
devenues plus avancées, plus abstraites. Mais ce milieu n'utilisait pas encore
de définitions très formalisées. Le besoin ne s'en était pas fait sentir.
Jusqu'à ce que les travaux de Cantor, de Gödel ou encore de Russel montrent, à
différents niveaux, l'utilité d'avoir des fondations plus solides. Qu'est-ce
qu'un nombre, qu'est-ce que l'infini? Sans ce socle, de bêtes contradictions
persistent. Le moment est fascinant, parce qu'il précède l'arrivée de
l'ordinateur et la Seconde Guerre mondiale. Alan Turing fait de la logique
avant l'existence des machines et réfléchit à ce qu'on appelle aujourd'hui la
machine de Turing : une version abstraite et théorique de ce qui est devenu
ensuite l'ordinateur. Turing en a déterminé certaines capacités et certaines
limites avant le développement de l'informatique. Gödel démontre des résultats
d'impossibilité - les mathématiques ne peuvent pas tout prouver, le langage a
des limitations intrinsèques. Turing comprend que cela va de pair avec des
limitations intrinsèques du calcul. Les mathématiques ont vécu un
bouleversement mais cela a permis de mieux comprendre ce que peuvent le langage
et les machines. Les fondations de la discipline ont été assainies. Et cela
s'est bien combiné avec la naissance de l'informatique. La notion de calcul et
de programme découle directement de ces travaux. Aujourd'hui, c'est ce
paradigme que nous quittons. Le paradigme informatique d'un programme
déterministe à qui l'on donne des instructions, en sachant ce qu'il renverra.
Les réseaux de neurones sont probabilistes, ce qui pose des problèmes de
sécurité. Comme on ne sait pas prédire a priori le comportement d'un LLM, il
est difficile de garantir l'absence d'erreur, mais aussi de garantir que son
comportement soit conforme à certaines garanties de sécurité. C'est ce que l'on
appelle le problème de l'alignement en IA, qui devrait garantir que l'IA reste
sécurisée et que ses propres buts ne s'éloignent pas de ceux donnés par
l'humain.
[L’Express] La Chine
monte en puissance dans le champ mathématique. La médaille Fields attribuée à
Wang Hong l'a récemment rappelé. En 2026, à quel niveau l'enseignement
mathématique français et européen se situe-t-il comparé à celui des deux
puissances américaine et chinoise ?
[F.C.] Aux États-Unis, le
paysage est très hétérogène : il y a d'excellentes formations et de bien moins
bonnes. Mais le pays reste un très grand creuset de science, qui continue
d'attirer les talents. La Chine, quant à elle, a longtemps eu une place
scientifique trop petite au regard de sa taille. Le rattrapage actuel est
normal. Ses grandes universités (Pékin, Shanghai) sont désormais au meilleur
niveau. Leur accélération est très forte. Dans ce contexte, la place de la
France et de l'Europe est menacée. Il nous faut investir pour attirer les
meilleurs chercheurs et ouvrir des places pour les étudiants. Rapporté à la
taille de la France, le nombre de places dans notre enseignement supérieur
d'élite est nettement inférieur au ratio américain.
[L’Express] Les
Etats-Unis et la Chine produisent aujourd'hui les meilleurs LLM. L'Europe ne
joue pas dans la même cour. Quel risque cela pose-t-il ?
[F.C.] Un fossé
mathématique important pourrait se creuser entre les pays ayant des IA de
pointe et les autres. Avoir accès aux modèles du meilleur niveau est essentiel,
tout comme l'accès aux meilleurs instruments en science expérimentale. Je ne
peux que souhaiter des outils communautaires, et l'échelle pertinente pour cela
n'est pas la France mais l'Union européenne. Il ne s'agit pas d'évacuer les
risques sociétaux et environnementaux de l'IA. Mais l'Europe doit les mettre en
regard de l'importance de ce qui se joue, et de la nécessité d'investir. Nous
sommes dans une phrase où tout bouge très vite. Il est indispensable que nous,
scientifiques, puissions expérimenter. Réguler trop violemment l'IA
pénaliserait l'Europe.
[L’Express] Craignez-vous
que les États-Unis et la Chine prennent une avance décisive en mathématiques ?
[F.C.] Absolument. La
France a une culture mathématique très forte. L'Europe est un grand lieu de
mathématiques. Si ces IA de pointe ne nous étaient plus accessibles, le danger
serait énorme. Or, on ne peut exclure que les États-Unis décident un jour de
restreindre l'accès à leurs modèles à certains pays. Les droits de douane l'ont
montré : cette administration a la rétorsion facile, et les relations
internationales changent.
[L’Express] Que
pensez-vous du rapport de Michael Kratsios, conseiller scientifique de Donald
Trump ? Il prend un virage protectionniste, mais contient aussi des mesures qui
pourraient accélérer la recherche américaine.
[F.C.] Depuis la chute du
Mur, nous avons vécu une ouverture scientifique considérable. Je ne peux que
souhaiter que cela dure. Cela joue un rôle clé dans les progrès de l'humanité.
Je déplore tout tournant protectionniste, quel que soit le pays. L'idée que l'IA
fera le travail des scientifiques à leur place est malavisée. Ceux qui
exploitent le mieux ces outils sont ceux qui ont une expertise. Il faut des
gens capables de comprendre comment marche une IA, quelles sont ses
architectures, ce qu'on peut en faire. Les mathématiques existent depuis 2 500
ans. Ce serait avoir la vue courte que de penser qu'elles devraient s'arrêter
là, à l'heure de l'IA.
[L’Expres] Expliquez-nous
comment des avancées dans des problèmes mathématiques très abstraits, comme les
dix étudiés par OpenAI, peuvent débloquer des progrès très concrets. Par
exemple, celui de l'empilement des sphères ?
[F.C.] Je n'en suis pas
spécialiste, mais c'est un ancien problème fascinant, résolu dans certaines
dimensions par Maryna Viazovska, médaille Fields 2022. En "dimension
3", celle dans laquelle nous vivons, la manière d'empiler des sphères est
intuitive. Quiconque a déjà cherché à empiler des oranges intelligemment sait
qu'il faut les mettre en quinconce. Viazovska a employé des techniques très
différentes pour déterminer la manière optimale d'empiler un maximum de sphères
dans des dimensions supérieures. A ma connaissance, cela n'a pas de retombées
directes dans le monde réel. Mais ce qui est utile, ce sont les techniques
développées en chemin, pour travailler en grandes dimensions. Beaucoup de
secteurs en ont besoin, notamment l'IA puisque les modèles ont énormément de
paramètres.
[L’Express] Que fera la
communauté mathématique si, demain, l'IA produit des démonstrations que les
scientifiques ne comprennent plus ?
[F.C.] La question
revient souvent. Nous verrons le moment venu. Pour l'heure, les démonstrations
sont tout à fait compréhensibles. Ce sont des mathématiques avancées, parfois
mal écrites mais je n'ai jamais vu l'IA générer une démonstration inhumaine,
non compréhensible. Ce serait, en effet, un problème scientifique majeur à
résoudre.
[L’Express] Et si cette
démonstration produisait un résultat utile, applicable ? Vaudrait-il la peine
de s'en servir sans comprendre ?
[F.C.] C'est une
situation à laquelle les scientifiques sont en réalité assez habitués.
Lorsqu'une idée très complexe et importante émerge, nous passons des semaines à
nous réunir et à ne discuter que de cela jusqu'à faire la lumière. Lorsqu'on
apprend, jeune, les mathématiques, c'est dans le fond assez similaire :
quelqu'un de beaucoup plus intelligent vous explique des choses qui n'ont à ce
stade aucun sens pour vous. Le travail scientifique est précisément de se
confronter à ce qu'on comprend mal. Si l'IA me donne une démonstration
incompréhensible d'un résultat invraisemblable, mais qu'il y a des raisons de
croire qu'elle contient quelque chose d'important, j'en serai ravi. Je
regarderai avec intérêt. La question se poserait différemment si aucun humain
ne parvenait plus à comprendre le raisonnement de l'IA. Mais je ne parviens pas
vraiment à me représenter ce scénario. C'est prématuré d'y penser.
[L’Express] L'IA
pourrait-elle produire tant de résultats intéressants que le travail des
mathématiciens se résume à les trier et les comprendre ?
[F.C.] Nous avons besoin
d'une réflexion. La communauté s'organise à mesure que les outils progressent.
Il est possible en effet qu'une partie de notre travail consiste à organiser ce
savoir. Mais voyez ce qu'il s'est passé avec la calculatrice. Au XVIIIe et XIXe
siècle, les mathématiciens faisaient des calculs prodigieux. Toute cette
expertise est devenue largement obsolète avec la calculatrice. Mais
aujourd'hui, je ne passe pas mon temps à m'extasier de tous les calculs que mon
ordinateur peut produire et à les essayer un par un. Je sais que je n'ai pas
besoin de les faire. Cela libère mon temps pour d'autres tâches.
[L’Express] Quelles sont
les limites actuelles de l'IA dans les mathématiques ?
[F.C.] Faire écrire vingt
pages de raisonnement à ChatGPT ou à Claude reste compliqué. Les modèles n'ont
pas la capacité technique de gérer des contextes de très grande taille. Or en
mathématiques modernes, une démonstration de cent pages est chose courante. Même
guidée par un expert, l'IA se trompe également quand on la pousse dans ses
retranchements. Il est donc indispensable de relire et vérifier ce qu'elle
affirme. C'est une question d'éthique scientifique. L'auteur d'un texte est
responsable des erreurs qu'il contient. Publier un texte qu'on n'a pas relu en
détail est une malfaçon. L'IA peut enfin vous suggérer des idées, des points de
raisonnement intéressants sans les sourcer correctement. Il faut se montrer
très attentif à cela. Ne pas citer l'auteur de travaux sur lesquels vous vous
appuyez est un problème majeur, et l'IA, qui s'appuie dans son entraînement sur
le travail de tous les scientifiques, peut avoir tendance à masquer les travaux
qu'elle utilise. A qui attribuer une avancée obtenue partiellement, voire
totalement, par l'IA ? La communauté y réfléchit activement. La récente
déclaration de Leiden, qui énonce quelques principes généraux sur l'utilisation
éthique de l'IA en maths, ouvre une réflexion sur l'auteur. Une machine ne peut
pas endosser la responsabilité scientifique de l'étude. Il n'est donc pas
raisonnable qu'elle signe. En revanche, il est raisonnable de déclarer l'usage
qu'on en a fait. La frontière est floue.
Qu'est-ce que l'usage de
l'IA? Aujourd'hui, une simple recherche Google passe par une couche d'IA. Mais
s'il y a eu un apport scientifique significatif de l'IA, il est important de le
dire.
[L’Express] L'enseignement
des mathématiques doit-il évoluer à l'ère de l'IA ?
[F.C.] Faire des
mathématiques à un niveau raisonnable suppose d'internaliser énormément de
concepts. Il n'y a pas d'autres issues pour cela que de réfléchir seul, sans
téléphone ni ordinateur, à des questions difficiles. L'usage de l'IA doit donc
être très encadré. De la même manière qu'on a prévu des plages d'exercices sans
calculette car il est crucial de maîtriser des bases de calcul mental. Mes
collègues du primaire comme du supérieur font face à un problème de triche
extrêmement difficile à gérer. Pour autant, lIA aura aussi des effets positifs
sur l'enseignement. Un problème récurrent est que les élèves ne posent pas
assez de questions car ils ont peur d'avoir l'air bête. L'IA les décomplexe.
Par ailleurs, elle démocratise l'accès à de l'information mathématique de haut
niveau. Quelqu'un qui n'appartient pas à de grandes institutions peut poser
aujourd'hui une question scientifique très pointue à l'IA et obtenir une
réponse plutôt éclairée. C'est une excellente chose.
[L’Express] Pourquoi l'IA
progresse-t-elle plus vite en mathématiques qu'en physique ou en sciences du
vivant ?
[F.C.] Notre rapport au
réel est plus ténu que dans les sciences dures expérimentales. Les
mathématiques sont avant tout du texte. Or, les IA génératives sont faites pour
traiter et produire du texte. En revanche, leur faire mener une expérience
physique est une autre paire de manches, même si beaucoup de gens y
travaillent. OpenAI et Anthropic ont par ailleurs décidé, pour des raisons de
stratégie commerciale, que les mathématiques les intéressaient. Il y a un
prestige des mathématiques, une vision de l'intelligence qui leur est associée.
Notre discipline est du reste propice à la vérification. Contrôler qu'une
démonstration mathématique est juste est bien moins subjectif que vérifier
l'exactitude d'une traduction. En 2023, les erreurs des IA constituaient un
défi majeur. Les mathématiques étaient donc un terrain de jeu idéal. Le code
aussi, pour les mêmes raisons : c'est du texte, c'est vérifiable, avec en plus
un intérêt économique considérable.
Le dernier facteur qui
peut expliquer les progrès plus rapides de l'IA en mathématiques est que cette
discipline évolue dans une culture de science ouverte. En sciences du climat ou
en santé, la collecte de données peut requérir une expédition en Antarctique,
un essai médical très onéreux. Ces données ayant beaucoup de valeur, les
institutions et les entreprises sont sans doute plus réticentes à les partager
avec une IA. A l'inverse, dans notre discipline, nous ne manions pas de données
propriétaires sensibles. Presque toute la littérature mathématique est en
ligne. »
-Anne Cagan, "L'IA viendra à bout de problèmes mathématiques irrésolus" : les explications limpides de François Charles (Normale Sup) », L’Express, 11 août 2026.
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